dimanche, août 28, 2016

Clore avec le ban des vendanges

M'en viens remercier tous ceux qui ont la gentillesse de passer encore sur Paumée, et les saluer
parce qu'une fois encore j'ai l'impression très forte que mon entêtement est grotesque.. alors, sous réserve de la faiblesse de ce qui me reste de volonté – plus de quarante ans de départs chaque matin pour huit à dix heures d'un boulot que n'aimais guère, et la concentration bagarreuse pour venir à bout de la maladie, alors même qu'avais toujours caressé l'idée de la mort, ont sérieusement érodé ma réserve – je décide d'arrêter..
et comme je me laissais un peu trop envahir par Tweeter et Facebook de continuer à lire quand j'ai le temps, mais en silence...
on verra bien...

Ceci dit, aujourd'hui, c'était notre petite fête de fin d'été, sous un temps merveilleux, et avec une volonté de sourire, malgré l'envahissant souci de sécurité (ça devient vraiment un peu ridicule.. puisque s'il doit arriver quelque chose.. et je plains les organisateurs) et j'ai bricolé une vidéo, avec images comme peuvent et voix qui tombe un peu n'importe où (le son n'est vraiment en accord avec l'image que pour l'intrusion du carillon par respect pour le plaisir évident de celui qui en joue)

samedi, août 27, 2016

Retrouver l'écarquillée

matinée en en ville dans la lumière, repérant fatigues, salissures et caresses posées par les soleil, en accord avec mon humeur.
Et puisque laisse petit répit à paumée avant décision, recourir une fois encore aux portraits publiés gentiment par les cosaques des frontières http://cosaquesdesfrontieres.wordpress.com
L'écarquillée
«On l'appelait l'écarquillée à cause de ses yeux, parce qu'écarquillés ils étaient toujours, ou presque, un peu globuleux.. mais pas tout le temps, pas comme si c'était une maladie.
Non, juste elle fixait avec tant d'attention la moindre chose qui sortait de l'ordinaire que ses yeux, assez beaux au demeurant, pas très grands, mais très clairs, comme une eau fraîche, dormante, un peu verdie, que ses yeux donc lui sortaient du visage comme disait ma mère. Plus agaçant, agaçant à force d'être étrange, elle semblait si hypnotisée par vous quand vous lui parliez, que c'était comme si elle guettait les mots en train de se former, pour les soupeser, les examiner, tenter d'en percer le sens. Oh elle comprenait bien sûr, du moins il le semblait, elle réagissait, et si vous lui disiez ou suggériez de faire quelque chose elle le faisait, et elle répondait aussi, de façon sensée, du moins aux phrases simples, et aux sentiments quand ils étaient directs. Mais elle semblait toujours un peu sur ses gardes, réservée un peu, légèrement soupçonneuse peut-être, devinant ou cherchant à deviner si quelque chose ne se cachait pas, à peine, mais assez pour lui échapper, sous le sens premier.
Et comme elle était plutôt gracieuse, visage un peu rond, peau d'un rose délicat, boucles souples et blondes, nez banal, un peu épaté peut-être, mais à peine, et en accord avec la fraîcheur délicatement naïve de l'ensemble, comme elle semblait disponible, on l'aimait bien, on la pensait pas très fufutte, mais bonne et gentille et bien brave...
Seulement je sais, moi, et cruellement, que ce n'était pas vrai.
Pourquoi ? Oh je ne le dirai pas, ne veux pas nous montrer, elle et moi, sous ce mauvais jour mais...
C'est pas comme si elle était si sotte que dangereuse, comme, vous savez, l'ours de la fable, celui qui écrase le visage de son ami pour le débarrasser d'un moustique, enfin quelque chose comme cela, sais plus très bien... Non, si elle était médisante, ce n'était pas par bêtise, par étourderie, c'était voulu, j'en suis sure.
Et bien entendu vous allez penser que c'est moi qui suis hargneuse, méfiante, vindicative et vous allez la plaindre. Je sais, c'est toujours comme ça.
Je préfère me taire.»
Et elle nous a quitté, s'en est allée la petite brune et son dos était coléreux. Nous nous sommes regardé et j'ai demandé «qu'est-ce qui lui prend ?» et puis avons parlé d'autre chose de plus intéressant.

vendredi, août 26, 2016

Jeudi 25 août


après avoir appris, au réveil, la mort de Michel Butor, après avoir intercalé entre lectures sur internet, micro ménage et petit déjeuner, de très brèves visites dans les quatre seuls livres de lui que j'ai actuellement, après avoir enregistré à la vaille que vaille un passage, m'en suis allée vers le teinturier, dans une ville investie par les camions
et les chantiers (résistant à mon envie de m'arrêter et de contempler le travail.. adore ça mais ça ne se fait pas, et puis il y avait le jour à vivre).
et m'en suis revenue dans le plaisir instinctif, presque inconscient, de la chaleur franche mais supportable, de la lumière etc...
A propos de Michel Butor (morte découverte via François Bon qui avait posté l'une des vidéos sur YouTube que suis aller regarder et écouter, Arnaud Maïsetti http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1805 et Dominique Hasselmann https://hadominique75.wordpress.com/2016/08/25/michel-butor-derniere-modification/ suivre le lien interne) dont je n'ai lu, faute de trouver facilement ses livres, faute aussi d'en entendre parler ou de lire des allusions, moi plongée dans les vide-ordures, loyers, procès, théâtre et me contentant de flâneries devant libraires du quartier de l'opéra, ce qui est chose rare, dont je n'ai lu, outre des articles le concernant, les quelques textes et poèmes posés sur son site (il n'en reste plus que quelques uns http://michel.butor.pagesperso-orange.fr sous la rubrique essais) que cinq livres, ai salué le souvenir de passage de Milan que je n'ai plus, ai picoré pour renouer souvenirs dans l'emploi du temps et la modification (premier lu, comme une révélation alors, au hasard de son arrivée un peu incongrue dans la bibliothèque de ma mère lors de sa parution) ai choisi un passage de dérives pour le massacrer par ma lecture à haute-voix et le reste du temps me suis baladée dans mobile dans la chaleur de ma cour et auparavant, dans les billets de Nathanaël Gobenceaux sur ses lignes du monde http://michel.butor.pagesperso-orange.fr et leur entretien, à propos de la géographie bien entendu, mais géographie au sens très large https://cybergeo.revues.org/9952
Il y a eu aussi, via Giovanni Merloni, un lien vers un long article du Manifesto (comprends presque tout sans dictionnaire), nourri des éléments connus peu à peu, sur le tremblement de terre https://leportraitinconscient.com/2016/08/25/19124 (et une recherche mienne de ce que pouvais trouver, pour bercer et mettre images sur ma navrance fascinée.
Pour le reste.. j'ai fait grève.

jeudi, août 25, 2016

en retrait

jour éblouissant.
aller en refus discours,
opinions, meute..
étrangère à mon pays
n'en garder que terre, chair.
Et me sentir si seule devant mon désir de bonite... (sourire)

mercredi, août 24, 2016

Vaquer un peu et recourir à l'affairée

Ménage, repassage, rangements...
longue plongée nez dans Vie et destin, à côté de Mon olive, tant que le soleil a bien voulu me visiter
contemplation du bleu dur au dessus de ma cour, et dans l'antre de trois petits films de Jean Rouch dont les maîtres fous,
commencer et abandonner pour téléphoner un portrait pour les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com.. ne pas le reprendre, le laisser m'attendre
penser Paumée, en recopier un qu'ils ont publié il y a un mois
L'affairée
Elle était pressée, elle courait toujours, si vite qu'elle n'avait temps de dire pourquoi, ou vers quoi, ou peut-être de le penser.
Elle voulait sembler vive, et preste, et efficace, et sollicitée, et tellement tellement occupée.
Elle semblait plutôt éperdue, et brusque, et fatigante, et... brouillonne c'est ça, brouillonne.
Une femme brouillonne pour un brouillon de vie.
Parce qu'à vrai dire on ne savait pas trop à quoi elle pouvait bien se consacrer, de si urgent, de si important...
A quoi elle pouvait bien se consacrer.. tout court.
Un brouillon de vie, oui, c'est ce que pensions.
Et la regardions passer, et restions dans le courant de nos jours, régulier, avec des à-coups quand nécessaires, mais alors maitrisés autant que le pouvions, et vaquions, et parlions.
Parlions de ce que nous faisions, et de ce que nous allions faire, et de ce que les autres, ceux avec qui parlions, faisaient, et la regardions passer en courant.
La regardions passer en courant, et pensions courant dans le désespoir de sa non-vie.
Et l'aimions bien, pour sûr, l'aimions bien mais avec un peu de fatigue et une trace de dédain.
Et je me demande, maintenant que sommes chenus, elle et nous, si nous n'étions pas très sots.

mardi, août 23, 2016

Qu'en faire ?


Lumière revenue, mais pas la grande chaleur, 
juste ce qu'il faut pour que d'instinct les cheminements suivent, pour le plaisir de la caresse, les trottoirs au soleil et non plus, par crainte de désintégration, les dalles à l'ombre. Avancer les paumes orientées vers l'avant pour jouir de la morsure du soleil à la pliure des bras, et puis, en sortant de la rue déserte, se reprendre et laisser tomber les bras naturellement.
M'en suis allée, passant par la place Saint Didier en travaux - les beaux arbres, hors les trois pins qui ne sont plus, soigneusement protégés -
vers la livrée Ceccano, parce que j'avais découvert vendredi, tardivement, que les cinq projets entre lesquelles doit se faire, fin septembre je crois, le choix parmi celles reçues en réponse à l'appel de projets pour la reconversion de l'ancienne prison Saint Anne - tel qu'exposé par la maire Cécile Helle dans cet interview (découvert ce soir en rentrant) sur le site municipal http://www.avignon.fr/ma-mairie/grands-projets/rehabilitation-de-la-prison-sainte-anne/ (en un splendide exercice de jargon administratif) suivi des précisions sur le terrain, l'état actuel, le quartier etc... - y sont exposés jusqu'à la fin du mois.
Voir le détail des plans, essayer de deviner comment s'articulent les éléments du programme assez complexe, sans trop me laisser impressionner par le charme plus ou moins grand des perspectives.. ne pas oublier que le promoteur doit, tout en tenant compte des objectifs sociaux affichés, obtenir une rentabilité correcte... (ce qui peut justifier que dans le projet qui, je le suppose et le crains, sera retenu, la partie hébergement qui devait être multi-générationnelle soit finalement une petite résidence hôtelière incluant les bureaux demandés...) discuter avec une jeune femme, un peu mollement, et puis débattre (euh m'affronter plutôt, systématiquement, avec une courtoisie qui n'avait d'égal que notre entêtement) avec une quinquagénaire affichant une longue expérience de la promotion (mais Paris ça ne compte pas) et des intérêts de la ville etc... et du coup papillonner un peu et n'avoir aucune opinion.. (seul point sur lequel nous étions d'accord toutes les trois : surtout pas trop de commerce, de crainte de tuer les quelques survivants de la rue Carnot proche...)
rentrer, et puis tenter, à partir du site de la ville http://www.avignon.fr/fileadmin/Documents/Images/mairie/grands_projets/projet_prison_saint_anne.pdf de mes souvenirs et du Moniteur http://www.lemoniteur.fr/article/a-avignon-cinq-propositions-pour-transformer-l-ancienne-prison-sainte-anne-32762052 (pour avoir une idée des projets) de faire un choix sans vraiment y parvenir... ce qui importe peu. (quoique peut-être le B : BDP Marignan, AIA Architectes/DE-SO, pour l'équilibre entre les surfaces allouées et pour la franchise de ces deux bâtiments articulés coupant la grande cour)

lundi, août 22, 2016

les paysans et une voix

soleil revenu, le saluer avec plaisir, râler un peu parce que n'a pas amené vraie forte chaleur
faire comptes et renoncer à un petit voyage Marseille Toulon, la semaine prochaine, en faveur du loyer et des abonnements théâtre
me déconnecter, vaquer quasi sérieusement, regarder sur You Tube des vidéos sur la mue des campagnes, retrouver paysages, gens, qu'avons connus et qui n'existent plus avec Adieu paysans (ancien documentaire télé) Profil paysans de Depardon, d'autres etc.. partagée entre résignation, rogne, intérêt et nostalgie (et le souvenir du Bussin qui, en retard, amorçait sa mue.. les tables qu'on nous amenait, pour venir les voir, se souvenir en buvant ou en préparant dîner pour les bourgeois de Limoges, avant de retourner dans les fermes restantes retrouver le formica tellement plus pratique, par les chemins aux arbres coupés)
et puis reprendre ma contribution (un peu difficile à m'extraire, en focalisant sur cette voix dont le souvenir me fuit, en tentant de ne pas parler trop des trois autres) à la dernière proposition de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4347 après avoir lu avec admiration variable (sourire, en fait elle est la plupart du temps grande) les textes publiés en début d'après-midi, et puis, ensuite, remonter lire les dernières contributions aux précédentes propositions.
Je cherche ta voix, je te regarde vers la fin de ta vie, en douce grand-mère sourire, mais je ne t'entends plus.
Je tente de la re-créer et c'est
ta voix qui n'était pas plate mais calme, ondoyante, qui ne gardait de la colère, de la tristesse qu'un reflet, et les rendaient ainsi plus éloquents, comme tes joies...
ta voix qui était inflexions..
ta voix qui disait ton charme, ton sourire et ouverture au monde, ce regard qui n'excluait pas la curiosité, le jugement, parfois ironique ou colère, comme les mots acérés qu'elle prononçait alors...
ta voix qui désarmait la violence éventuelle de tes phrases.
Je cherche ta voix, je n'en ai pas d'enregistrement, juste ma mémoire qui ne s'y était pas attardée, mes souvenirs à traduire
et puis cela : sa tessiture, ou cette façon de lancer les mots, tu nous les as transmises et les amis, le père quand revenait d'une longue absence, ne distinguaient pas entre toi et nous, les trois filles, en nous écoutant sans nous voir...
mais ces différences dont nous étions conscientes toutes les quatre, et qui faisaient que nous ne confondions pas... était-ce dû aux idées, aux élans plus ou moins vifs, à la présence plus ou moins affirmée ?
puisque sommes nos voix...
Je cherche ta voix à travers la mienne et les leurs,
nos timbres sans aigus mais où viennent des clartés, le tien plus musical sans doute, avec, colorant et soulignant ta sincérité, une maîtrise constante et naturelle, venue peut-être de l'enfance..
et je ne te connaissais pas, - sauf en petites traces gentiment ironiques, quand tu singeais, pas si inconsciemment que cela, des voix rencontrées dans le salon, le jardin ou autour de la table de tes nombreux amis –, je ne leur connais pas, ces préciosités que j'ai découvertes chez moi avec dépit en écoutant ma voix sur un répondeur, maquillage posé par le travail, vulgarité contre laquelle j'ai lutté.
Je cherche ta voix,
et je crois l'entendre, quand je lis, avec mélange de curiosité et de cette culpabilité qui en découle, des passages de tes lettres de jeune femme à l'époux absent, une jeune femme pour laquelle me vient une amitié de petite vieille, même si j'ai tellement moins vécu que toi...
je cherche ta voix, et j'en trouve l'écho dans la ponctuation, ou son absence parfois, de tes phrases, dans la tendresse, le sourire, la malice, la gravité, la rage réprimée qu'elles expriment et cette façon de passer d'une nuance à l'autre.
Je cherche ta voix, mais ne l'ai jamais vraiment entendue, comme un son à analyser,
je cherche ta voix et ne saurais la dissocier de toi..
je ne trouve que cela : ta voix (ou nos voix, donc) sans stridence, mais claire, non pas comme une clochette mais comme l'écho d'une cloche - sans le velours sombre non plus qu'aurais aimé pour la mienne, écho d'un bourdon...
un mezzo clair, un charme.
ta voix, rivière au soleil, chatoyante.