mercredi, avril 26, 2017

un homme dressé et son créateur

J'ai tenté de finir un petit texte commencé dans le train au retour de Toulon pour les Cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.wordpress.com et comme, quand je me suis décidée à l'envoyer à notre cher éditeur du Nord, me sentais toute ankylosée, ai décidé de suivre les consignes de mon malheureux candidat qui voulait favoriser l'exercice des petits vieux et m'en suis allée marcher un peu, tout doux, tout doux.
Des nuages blancs et gris colonisaient la place Crillon, suis partie en leur tournant le dos, vers des grandes nappes encore bleues que menaçaient des montagnes blanches.
Une flèche dressée vers le bleu m'a indiqué le chemin et je me suis souvenue que voulais aller voir, sans attendre la grande exposition au Palais des papes, l'homme de Ndary Lo sur la place. Ne l'ai pas vu tout de suite en débouchant sur la place.
Pourtant il se dressait bien, tendu vers le ciel, un peu plus loin, là où dans des temps pas si ancien l'éléphantelet de Barcelo se tenait sur sa trompe.
Me suis mise dans les gigantesques et belles mains ouvertes, paumes offertes en une prière universelle contre l'azur
et puis j'ai regardé ses pieds, j'ai affermi les miens et m'en suis revenue, contournant le rocher, poursuivant dans la ville en une errance sinueuse d'une petite heure.
Dans l'après midi ai cherché et trouvé ce lien vers le site de Ndary Lo http://www.ndary-lo.com et puis ces vidéos
de l'installation après l'arrivée de l'homme trainé dans la nuit
de la création d'un lion savoureuse et fascinante (mon avis)
et si vous encore un peu plus de sept minutes, une tête que voulais voir pensive (et malmenée) en longue élaboration


mardi, avril 25, 2017

rencontres futures

Ce matin nuages sont venus, seuls, flottant aimablement
ou en un gros amas aux boursouflures soulignées par la lumière
accompagnaient mes pas, ce qui me restait de désarroi à l'idée d'abandonner le petit espoir volatil de la campagne
devant l'impossible choix qui est devant nous
et la décision (contraire à celle que croyais ancrée), presque évidente et un rien méprisable, de voter contre, avec l'impression de cracher sur ce qui adviendra des plus faibles, ou plus entravés, ou plus invisibles (mais cela ne sera possible que si Macron et ses affidés acceptent que ce vote ne soit pas une adhésion des électeurs et des partis défaits à sa politique, sans quoi la responsabilité lui reviendra)
pendant que j'allais à mon rendez-vous à la banque pour faire virer sur mon compte courant un peu de mon avenir (ou de ce qui doit financer mon avenir) pour profiter outrageusement du mois de juillet qui vient. Désir moins futile qu'il ne semble.
En sortant, des voix fortes, des rires et la lente et difficultueuse entrée d'un éléphant de bois dans le Musée lapidaire (oeuvre d'Andries Botha)
annonce des expositions des éclaireurs sculpteurs d'Afrique dans plusieurs lieux de la ville cet été – en cherchant le lien : http://www.avignon.fr/toutes-les-actualites/actualite/les-eclaireurs-sculpteurs-dafrique/ ai découvert qu'une statue de Ndary était déjà installée sur la place du Palais – faudra que j'aille la saluer – et, en cliquant au bas, une série de cinq photos posées et bien plus satisfaisantes que mes deux prises à la sauvette de l'arrivée de l'éléphant, à la peau striée, tavelée, rivetée, de sa masse impressionnante, de son abandon touchant entre les mains des hommes, de son attente tranquille sous la voute de la chapelle entre vases, dieux, jeunes femmes et guerriers, devant la pauvre Bête de Noves qu'il humilie par sa masse et près de la tête de géant pleine d'air gisant à ses côtés. http://www.avignon.fr/fileadmin/actualites/documents/Interne/elephant.pdf

lundi, avril 24, 2017

légèreté avec flûtes

le bleu intégral
le matin à neuf heures
foucades de vent
suis montée vers la mairie
vote joyeux sans espoir
fraîcheur fouettée
allégresse sans raison
monde lumineux
lavage cheveux, étude radiateur, nous apprivoisons
penser petit aller et retour Lozère de la fin de semaine
et en milieu d'après midi, pour rester légère (irresponsable avec résolution, faute d'espoir vrai) aller tout à côté, dans ma chère chapelle de l'Oratoire, écouter deux flûtes (flûte traversière de Fabienne Azéma, flûte à bec de Jean-Marc Andrieu, accompagnés par Marie-Madeleine Mille violoncelle et Yasuko Uyama-Bouvard clavecin) l'ensemble Les Passions jouer
en entrée, sur des flûtes cylindriques renaissance, trois fantaisies pour deux flûtes seules de Thomas Morley

puis, entrant dans l'ère baroque, le 18ème siècle, en accord avec le bâtiment, après une petite présentation des flûtes et un petit éclairage sur l'évolution musicale, bref et clair, de Jean-Marc Andrieu (qui en quelques mots denses présentera toutes les pièces jouées et ses diverses flûtes à bec) et avec la basse continue, le violoncelle et le clavecin, la belle sonate Le Parnasse ou l'apothéose de Corelli de Couperin
suivie, dans le monde allemand, par Telemann avec une sonate en canon pour deux flûtes seules suivie d'une grande sonate en do majeur pour deux flûtes et basse continue dédiée à des héroïnes antiques (beaucoup aimé la première vouée à Xanthippe dont l'héroïsme se borne à supporter les injures post-mortem des admirateurs de son époux Socrate,  curieusement gaillarde et la cascade preste de la partie dédiée à Caelia à l'image des eaux du Tibre entourant son cheval)
toujours en Allemagne, un beau trio pour deux flûtes de Carl Philipp Emmanuel Bach
avant, en bis, la très charmante sonate pour flûtes et basse continue de Johann-Joachim Quantz (que ne connaissais pas, qui était le professeur de flûte de Frédéric II)
retour, à l'heure des ombres longues..
et puis me caparaçonner de sérénité appliquée, ou plutôt le tenter, et écouter la nuit de résultats (l'écris ceci avant, on verra si je tiens)

Bon là maintenant je sais. Je trouve le monde stupide, je sais c'est outrecuidant, mais c'est ainsi

dimanche, avril 23, 2017

une escapade

Comme le radiateur est arrivé juste un peu trop tard, et qu'après l'avoir extirpé de son monstrueux carton, après avoir plié icelui et l'avoir déposé près des remparts, il m'aurait fallu mettre dix minutes pour galoper jusqu'à la gare, j'ai bricolé un repas, pris un petit temps de farniente et m'en suis allée découvrir l'existence d'un train créé spécialement pour moi allant d'Avignon à Toulon, en un peu plus de deux heures, avec de beaux wagons quasiment vides
Pour le reste, comme suis un peu crevée on ne sait pourquoi, comme n'ai pas grand chose à dire hors le fait que j'ai une famille pleine de charme... et comme vais plus ou moins vaguement prendre connaissance de ce qui est advenu hors de cette maison et de ce jardin toulonnais (à part l'attaque sur les Champs Elysées parce qu'on l'annonçait au moment où le petite classe s'installait pour voir le Livre de la Jungle, et qu'après avoir rapidement mis ce dernier en place l'adulte responsable est venu nous l'annoncer)... me suis contentée de mettre bout à bout les photos prises à des moments vides en une petite vidéo bricolée, gardant juste celles d'une exposition dont parlerai sans doute plus tard.

mercredi, avril 19, 2017

Matin tendu et mistral

Au réveil, me suis aperçue, avec honte, que n'avais plus assez de médicaments pour finir la semaine, et que j'avais oublié de reprendre la semaine dernière un rendez-vous... constaté que vraiment le frais nous revenait et que même en entassant vêtures je ne tiendrai pas le coup... et me suis souvenue – j'ai une telle horreur du téléphone, c'est ma petite particularité dans le monde actuel – que mon petit mobile n'avait plus de batterie, à la suite de chutes répétées.
Moment d'affolement, chercher sur internet, trouvé une société qui pouvait me livrer un radiateur mercredi mais sans préciser d'heures, avant de confirmer appeler Toulon pour prévenir que je retardais d'un jour mon arrivée. Protestations par gentillesse et puis parce qu'un dîner était organisé. Pensé tant pis j'aurais froid... Et puis comme le dîner avait pu être retardé, confirmer commande radiateur – ouf
Petit toubib me dépannant foncer dans le mistral qui s'intensifiait et me chahutait, sourire fermement fixé aux lèvres, prendre ordonnance pour un mois, promettre de rappeler, passer chez pharmacien – ouf
Passer chez SFR et en repartir avec un tout petit téléphone, après avoir refusé les smartphones pour avoir moments sans connexion – ouf
Et puis rappeler Toulon, tension se relâchant au risque de tomber dans les étourderies de petite vieille au bord de la crise de nerf, pour savoir, je mélange toutes les dates, quel était le héros de l'anniversaire et trouver, vite, un tout petit cadeau en y mettant mon coeur à défaut d'assurance dans mon choix.
Voilà, voilà... crâne en somnolence et protestations carcasse, une fois la porte de l'antre refermée, vivre tout cool en préparant petite valise.
Passionnant n'est-il pas ? Désolée mais incapable d'inventer plus intéressant, et puis assez satisfaite de moi.

Et aujourd'hui attendre, avec petit espoir que le radiateur arrivera assez tôt pour m'éviter de jeter billet et de trouver un train qui convienne à tout le monde.

mardi, avril 18, 2017

Mon 27.317ème jour était férié

On le prédisait gris, ou je croyais l'avoir lu...
et puis quand les deux yeux se sont décidé à prendre vraiment conscience, ai vu au dessus et au delà de la cour un ciel candidement ravissant
Après la sieste, m'en suis allée en quête de cigares, mais comme j'avais aussi envie de fleurs, suis partie nez au infime reste de vent (qui a fini de sécher nez et yeux) à travers la langueur de la ville jouissant de ce jour, et comme je jouais les touristes, avec arrêts fréquents et petites hésitations,
suis revenue, regagnant l'antre tout au long de la rue du Limas, avec trop d'images et ma foi, après avoir jeté des photos, il en restait assez pour la petite collection/vidéo, d'un intérêt tout relatif.
En fait, mon calcul ne tenant pas compte des années bissextiles, j'ai plus de 842 jours, mais on dira que...


lundi, avril 17, 2017

un jour

un matin trop froid
coeur et corps qui frissonnent
soleil dans le vent

mon 841ème jour... tiens ça fait pas tellement finalement
un oeil et une branche en rencontre brutale... l'économise