jeudi, mars 23, 2017

Mercredi

nuages blanc vif
en lumière bleue fouettée
feuilles écloses

les pigeons roucoulent dans la cour

je bénis celui (François Bon je crois, plus très sûre) qui m'a donné envie d'acheter et lire, avec des pauses parce que sollicitée par la vie et des retours, entre envie de lecture lente pour savourer l'écriture et entraînement du récit, Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel. (éditions de Minuit)

mercredi, mars 22, 2017

Images d'un matin

il faisait beau, je n'étais pas bien,
les ombres étaient belles,
la lumière guillerette,
j'étais dans des houles vertigineuses
les gens ont été gentils

j'ai été contente en retrouvant ma porte

ça ne s'est guère amélioré... ira mieux demain, forcément.

mardi, mars 21, 2017

le premier jour du printemps

Poussant les volets bleus, à l'heure de la tartine de gingembre, un ciel d'azur où flottaient lentement dans l'air immobile quelques impalpables écharpes blanches.
Les petits personnages de Titou se préparaient à faire venir le printemps.

mais nous avons encore le temps de l'espoir avant le mai fleuri (quand cette année il ne restera sans doute que la nature pour nous consoler un peu), il n'était que dans les vitrines,

en évocation violemment peinte sur une table rouge,

ou, par la grâce des jardiniers et des serres, dans quelques bacs.

Mais parfois il éclatait librement en jaune joyeux,

cependant que, sur ma place, mon platane favori se paraît d'un minuscule frémissement vert tendre.

lundi, mars 20, 2017

dimanche, mars 19, 2017

ce samedi

netra, nada, niente, nichts, niets, nanimo, res, nihil, nic, nothing, niso, ai mikään, ei midagi, ingenting, càil, nimic, ekkert, danh tu, mana impapas, ch'usa, mba'eve, nout, hiç, wala, manan impas, null, osdobki,

rien

samedi, mars 18, 2017

Beau jour et musique

Matin au soleil
les pierres de nos remparts
devenues douces

et la glycine
sent monter, pulser sève
son bel avenir

et ce soir encore, dans la nuit tombée, suis montée vers l'opéra pour assister, cette fois, à un concert de l'orchestre Régional Avignon-Provence, dirigé par Samuel Jean, avec le concours du Tremplin Jazz, le soliste (et compositeur du concerto qui sera créé) étant Thomas Enhco, que j'ai entendu, avec grand plaisir, au Tremplin Jazz des Carmes en 2015
un joli programme avec
«Eros piano» d'Adams, le concerto n°24 pour piano et orchestre de Mozart et donc (plaisir en moi, en grimpant petite côte, de la curiosité) le premier concerto pour piano et orchestre, en création mondiale bien entendu, de Thomas Enhco
Comme beaucoup de musiciens, de pianistes, il joue également de la musique classique et de la musique improvisée ou du jazz, peut-être avec plus de naturel dans son cas, ce qu'explique son histoire puisqu'il est petit-fils de Jean Claude Casadessus et beau-fils de Didier Locwood
(apprentissage violon puis du piano à six ans, formation jazz en même temps pu presque - invité par son beau-père au festival de Juan les Pins à dix ans avec Martial Solal qui l'invite ensuite à certains de ses concerts, fonde à quatorze ans un quintette... et puis entre au conservatoire en jazz et musiques improvisées)
salle presque à demi vide et un public, au deuxième balcon que j'adopte pour la musique symphonique légèrement différent des mélomanes convaincus habituels mais également sympathique.
Arrivée de l'orchestre, s'accorde, entrée du chef et du pianiste, petit veston cintré, chaussures blanches, et jeunesse charmante
presque beaucoup aimé la pièce d'Adams, écrite après avoir entendu le concerto riverrun de Takemitsu pour Bill Evans et Takemitsu... presque parce que par moment le piano «liquide» (bon c'est pas ça mais c'est le seul mot qui me vient, pas un ruisseau ni une rivière mais quelque chose de mouvant et humide) butte un peu sur un mur de cordes qui l'emprisonnait plus qu'il ne le soutenait ou l'accompagnait, mais c'est sans doute personnel et de toute façon un minuscule bémol.
Un peu moins le Mozart, parce que, si l'orchestre le donne souvent bien et l'interprétation du pianiste était techniquement parfaite et sensible, pour mieux le voir je m'étais déplacée et j'étais derrière deux (cheveux longs et minceur extrême, je les croyais jeunes, ne l'étaient pas) femmes qui balançaient, généralement avec la musique, pas toujours, leurs têtes avec la grâce d'un ours dansant, et que l'agacement venu peu à peu, parasitait nettement mon écoute.
Un entracte café et retour de l'orchestre, s'accorde, entrée du chef et du pianiste-compositeur en bras de chemise, et ne montrant que légèrement et avec grâce son trac (il a 29 ans, il joue depuis longtemps avec des groupes, et en duo, mais c'était si j'ai bien compris sa troisième expérience avec un orchestre, et ben sûr son premier concerto..)
Ce concerto a été composé à plusieurs moments de l'année 2016, dans des endroits différents du monde, à Paris, à New York, à l'île de Ré, dans la forêt de Fontainebleau, à Montréal, au Maroc, en Tunisie, en Autriche, en Allemagne, à l'île de la Réunion, au Mexique, à Budapest, dans l'avion et dans le train. Au début, je pensais écrire une pièce courte pour piano et orchestre d'environ quinze minutes et en un seul mouvement, comme une rhapsodie (l'Orchestre de Pau Pays de Béarn m'avait donné carte blanche - mais c'est le nôtre qui le créait), mais très vite c'est le rêve d'un vrai concerto pour piano qui s'est imposé, je n'ai pas pu résister... et vers la fin de sa présentation détaillée Le 1er mouvement symbolise pour moi l'aventure, le 2ème l'amour et le doute c'est là que j'ai été complètement conquise sans penser spécialement à l'amour mais par une plus grande alchimie entre orchestre et soliste, le 3ème le désespoir et la renaissance qui sont en ce cas fougueux tous les deux.
Un très bon premier essai, et mieux que cela - un certain classicisme heureusement mâtiné de groove et de rythme, une très belle partie, écrite et improvisée, pour le piano, mais pas que... avec tout de même encore sans doute un léger manque de subtilité, de complexité, dans l'utilisation des cordes (une fois encore avis d'une petite vieille non musicienne)

applaudissements, et en bis, deux belles et joyeuses interprétations de standards...

J'ai trouvé une vidéo (m'a bien plu, où il explique sa façon d'envisager, de jouer, de créer sa musique)

vendredi, mars 17, 2017

cheminer et cosaques

l'arbre renaissant du jardin que je longe, dessine son ombre floue sur le mur du lycée

et le printemps fait d'un câble voyageur un pont vert au dessus de la rue
l'air était presque doux, les vestons de sortie, la petite vieille avait ouvert son manteau.
Jour d'écoute du programme de Mon candidat, jour de visites de jardins extraordinaires sur Arte plus 7, de paresse
et recopie, pour toi, Paumée, une histoire venue, ne sais trop comment, de la contemplation d'un transi que les cosaques des frontières ont publiée http://lescosaquesdesfrontieres.com
Claire et Bertrand
Bertrand était large d'épaules et de panse joviale sans excès, était de gentillesse attentive et ne parlait guère que pour dire l'espoir ou le contentement.
Claire l'avait aimé, l'avait épousé jeune, s'était appuyée contre lui, avait admiré sa fermeté silencieuse dans leurs difficultés, avait souri avec lui - dans leur très relative médiocrité - aux petits plaisirs de la vie.
Mais, justement, les ans passant elle pensait médiocrité, et s'agaçait de sa gentillesse, se navrait de le trouver si tranquillement exempt d'ambition, contrairement à certain de leur amis.
Bertrand supporta avec amusement quelques petites piques, s'interrogea devant son exubérance nouvelle lors de dîners, petites fêtes, sorties en commun, en sourit comme de quelques petits flirts naïvement, pensait-il, affichés. Et puis se mit à douter, à douter de lui.
Il se regarda, se scruta, chercha la mollesse dans son visage, dans son corps mur, cette mollesse dont il n'avait pourtant jamais constaté la présence dans les yeux des autres. Et bien sûr il lui donna raison.
Il prit des résolutions, n'arriva à en prendre relatives à son attitude devant la vie et les gens rencontrés, les amis, les inconnus à priori favorables, les adversaires auxquels opposer écoute, discussion ou fermeté sans emphase, mais il interrogea ses plaisirs, et surtout ceux de table.
Il sacrifia peu à peu la jouissance modérée, pour une retenue dans laquelle il découvrit un plaisir, plaisir d'une promesse retardée, puis plaisir du virtuel, enfin plaisir de l'abstention.
Il y mit tant d'attention, puis y trouva tel goût, qu'il en arriva au plaisir de la faim.
Il y trouva une pointe d'orgueil, il s'en moqua puis y céda, et découvrit une certaine ivresse, un sentiment de puissance, l'illusion de se condenser.
Claire s'étonna au début, aima lui trouver un menton autoritaire, s'inquiéta légèrement, soigna ses menus, découvrit le fort squelette qui se dessinait, le jugea beau, puis inquiétant, puis s'affola et sentit qu'elle l'aimait, l'avait sans doute toujours aimé.
Et ma foi, pour clore leur histoire, parce que je ne la connais pas, je décide que les attentions de sa femme finirent par percer son début de folie, qu'il la redécouvrit, et pour faire court qu'ils entreprirent de traiter avec bénévolence cette carcasse, de lui redonner chair heureuse, et continuèrent leur vie en belle entente, doux et sage épicurisme et sourires à la vie, aux tiers quels qu'ils soient, et indifférence ou fermeté devant les importants et importuns.

En partant, non sans exagération, du transi du tombeau du Cardinal Jean de Lagrange maintenant exposé au Petit Palais d'Avignon (autrefois à Saint Martial)