dimanche, octobre 22, 2017

ce samedi

matin ciel bleu
si pâle et discret qu'absent
rêve de grandeur
redresser l'ombre vers lui
le toucher, le nettoyer

mais point ne suis sorcière, le bleu évanescent est devenu blanc bleuté, s'est gonflé en blancheur, a viré au camaïeu de gris.

samedi, octobre 21, 2017

jour sans - faire appel aux cosaques

réveil très tardif, matinée sur chapeaux de roues, auto-dénigrement ou lucidité, bobo, sommeil,
plaisir lectures, et non-plaisir nouvelles, un peu de fantaisie cependant, et auto-ironie, nada
appelle à la rescousse un ancien texte publié par les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com/
Échouée, échoués

J'étais bois flotté
bois échoué, séchant
la vie m'a rongée

La vie m'a rongée
mais tant moins cruellement
que frères disant

Nous sommes rongés
bois flottés et rejetés
par les cruautés

en vie ballotés
en vies barrées refusées
de désirs, d'espoirs

avons tant perdu
mais nous reste l'essentiel
ce qui résiste

notre entêtement
pour la vie et pour la paix
pour un sourire

un besoin si grand
que, dénudés, nous dressons
en exigence

en exigence
dure et têtue de calme
de fraternité

la fraternité
qui nous redonnera corps
marqué mais admis

et devant monde
ambassadeurs des douleurs
voulons oublier

à partir d'une installation de Ange et Dam

vendredi, octobre 20, 2017

quelques mots et des photos

un ciel d'opale
heurté par quelques drapeaux
rouges de refus
qui ont eu au moins comme réponse une éclaircie bleu.
M'en suis allée en début de soirée au Théâtre des Halles, sous en ciel qui était de nouveau plus ou moins bosselé en camaïeu de blancs plus ou moins nets... et là je mets des photos plus ou moins bonnes, mais pour le reste je suis très frustrée parce qu'il s'agissait non d'une avant-première mais de la projection d'un projet quasiment abouti mais non encore destiné au public et dont je ne dois pas parler.
Juste dire petites conversations légères dans la chapelle et puis en attendant dans le hall, entourés d'oeuvres d'Alain Timar, plaisir de le voir remis presque complètement de l'agression subie, soucieux du souvenir qu'en auront les enfants présents, et un peu effaré de la violence de notre pays exaspéré (le bonhomme n'était ni saoul ni apparemment drogué, simplement contrarié)
dire aussi qu'il s'agissait de théâtre, du travail de mise au point technique, mais pas que, et tout naturellement, puisque cela en découle, du Théâtre (là on pourrait prendre une voix recueillie.
Applaudissements de plaisir, un moment de flottement

et puis sommes rentrés dans nos demeures.  

jeudi, octobre 19, 2017

Avignon l'italienne

Ciel limpide et air frisquet, m'en suis allée acheter des cigares (oubliés chez la marchande, tant pis ou tant mieux) et le Canard puisque nous y avons de nouveau droit.
En sortant, au moment de saluer Molière et de redescendre vers le fleuve et l'antre, j'ai vu un drapeau italien dans la cour du truc gastronomique qui s'est installé dans l'ancienne Banque de France, 
et me suis souvenue du marché, installé pour les quelques jours où Avignon se souvient du temps où elle était un peu italienne, entre le palais et la façade si italienne de l'ancien hôtel des Monnaies.
Ma foi, pour le plaisir des échanges mêlant mauvais italien et mauvais français, y ai fait un tour, résistant sans mal aux charcuteries, avec regret aux truffes blanches et condiment ainsi assaisonné, admirant la grosseur d'olives, me souvenant de l'usure excessive en mon vieux sac-compagnon tant aimé, 
et faute d'une belle boutique florentine, fouinant pour en trouver un Brigetoun compatible dans deux étals, trouvant un faux cartable en beau cuir venant de Campanie, goûtant des fromages et repartant avec une tomme des Pouilles, un petit flacon d'anchois marinés (pas certaine qu'ils soient meilleurs que ceux de Sète) et un flacon de crema bianca...
Une oreille à l'assemblée, ouverte ou fermée, en feuilletant, humant le dernier numéro de la Piscine qui venait d'arriver...
et m'en suis allée, écornant la place du palais sur mon chemin, au Chêne noir, écouter Gérard Gelas, accompagné par la musique de Julien Gelas, Virgilio, l'exil et la nuit sont bleus.
Gérard Gélas en costume trois pièces, très lourd et fort patriarche latin, et le fils en version jeune et qui doit plaire, une belle façon pour le piano jazz de s'accorder sans trop d'adhérence à la voix de bel et bon acteur du père, sans effet autre que la modulation, la sympathie du public et la poésie du texte.
«Ce texte a été très important pour le Chêne Noir. C’était la période où, cherchant de nouvelles formes, nous créâmes deux spectacles musicaux autour de mes poèmes : Chants pour le Delta, la lune et le soleil et Virgilio.
La première de celui-ci eut lieu en Italie, au Festival des Deux Mondes à Spoletto...
Ces chants qui nous parlent de l’exil sont, sans que je l’aie voulu, une sorte de pendant à la pièce Migraaaants que j’ai mise en scène 40 ans plus tard. Et cela décuple pour moi le plaisir de vous les offrir..»
Virgilio quitte sa Toscane natale car dans son petit village, il n’y a plus personne pour écouter ses histoires ; tout le monde est parti…
Alors il part sur les routes de l’exil, celles qui mènent en France, où est partie Anna, il y a bien longtemps. Avec lui, nous apprendrons l’histoire de Pepe Barrala « bouffé par les loups » et nous rencontrerons Nazim, Chien-aveugle, Fortunato, et bien d’autres encore…
Cela n'a rien d'extraordinaire
Si les chants de cet homme
Sont traversés de chevaux noirs
Qui vont au dessus de la mer en rêvant...

mercredi, octobre 18, 2017

Réviser avec Forbin

Temps printanier ou presque (le petit matin était muy frio) et ciel sereinement bleu,
m'en suis allée vers le plan Saint Didier et l'hôtel de Forbin La Barben (un des trois hôtels de la famille Forbin – la branche Forbin Sainte Croix ayant donné son nom à la Préfecture, et la branche Forbin Janson à un hôtel de la rue du Four) où, comme chaque année se tenait un atelier pour les enfants, et où plusieurs exposants déjà rencontrés avaient déposé une ou plusieurs oeuvres.
La première partie du vestibule est encadrée par des salles.
Dans la première salle de gauche, surprise de retrouver Eunwan Han-Oehl dont j'avais
aimé les dessins de boites poétiques au Studio UM rue Saint Etienne, https://brigetoun.blogspot.fr/2017/10/daspirateur-en-coree.html mais en version colorée, assez violemment, la mine de plomb et le crayon sur papier (à vrai dire il y en a également trois) étant remplacés par les huiles patinées sur bois – reste le thème Elle s'efforce de représenter ce que son esprit vagabond a pu lire au travers des parois des boites.
Dans la salle suivante, toujours en façade sur le plan Saint Didier, une vidéo méditative (que n'ai pu capter) de Charlotte Audoynaud et Ludivine Zambon (aux Célestins c'était Re-mettez vos manteaux dont j'avais attrapé trois images https://brigetoun.blogspot.fr/2017/10/les-celestins-2.html) vidéo intitulée «Lila» un paysage légèrement verdâtre, une maison de bois (détail sur https://www.parcoursdelart.com/audoynaudtambon) sur la gauche d'un lac entouré de forêt sur lequel glisse une brume et survolé de temps en temps par des oiseaux.
De l'autre côté du hall, une salle aux volets clos, pour Gharib Mzouri plus spectaculaire que les luminaires présentés au Cloître Saint Louis https://brigetoun.blogspot.fr/2017/10/en-rester-au-cloitre.html
Dans la seconde partie du hall, avant la grille donnant sur la cage qui s'élève jusqu'à une lanterne sur le toit, cage sur laquelle s'ouvre, derrière une arcade, l'escalier
trois grandes photos d'Aline Isoart (au rez-de-chaussée du Cloître Saint Louis https://brigetoun.blogspot.fr/2017/10/parcourir-le-rez-de-chaussee-du-cloitre.html)
De l'intérieur d'un véhicule, j'attrape au vol les images que nous croisons, pointillés dans la bande passante d'un parcours.
Sous la lanterne, à droite, à côté de la porte ouvrant sur les autres salles d'expositions, sagement rangé, une partie du matériel proposé aux enfants,..
et dans la première salle, j'ai retrouvé les céramiques de Mélanie Broglio, mais ici beaucoup moins baroques et colorées que les grandes pièces belles mais un tantinet kitch des Cordeliers et qui, peut-être pour cela, même si moins spectaculaires, m'ont été beaucoup plus aimables.
Au mur du fond, une oeuvre en deux longs bandeaux de l'autre artiste découverte au studio UM Sho Asakawa 
Et puis, présentées sans façon, un peu perdus sur le mur faisant face à la porte et posés au sol, des petits tableaux de Ludovic Dervillez après les grandes oeuvres adoucies par quelques tons pastels du deuxième étage du Cloître
Le déclencheur dans mon travail c'est avant tout le besoin constant de peindre, de composer, de créer. C'est une nécessité absolue. Je peins de façon rapide jusqu'à trouver le point d'équilibre recherché.
Plus loin sur le même mur, Fanny Lavergne (qui aux Célestins présentait une vidéo : un lustre se désagrégeant https://brigetoun.blogspot.fr/2017/10/un-pas-dans-le-parcours-de-lart.html ), expose un faubert et une balayette
Dans une ouverture sur le hall, Flo Arnold expose une grappe de pétales blanches, écho à la très grande guirlande qui occupe le choeur des Cordeliers
Depuis plusieurs années, je réalise des installations urbaines. Ces volumes organiques flottent, dansent, sont en lévitation...
Et, à gauche de la porte, plaisir de retrouver les portraits rêveurs du toulonnais Cyril Besson (j'avoue mon goût pour eux) plus petits seulement, me semble-t-il, que ceux exposés au premier étage du cloître
Dans son présent il révèle les stigmates du temps avec ses carnets de rêves. La mer est son élément d'inspiration.
Au centre de la pièce, Awena Cozannet avec une forme légèrement comique et plus violemment colorée que ses cordages modelés de la Chapelle Saint Michel et du Cloître
deux bocaux aux galets flottants de Yael Dansault (nef des Cordeliers)
Face à la dureté du réel, mon travail s'inscrit dans une dimension poétique et sereine.
Et, sous verre, présentée par Cluca, une cagoule dorée comme celle qui masque certains des personnages des grands panneaux exposés au rez-de-chaussée du Cloître https://brigetoun.blogspot.fr/2017/10/parcourir-le-rez-de-chaussee-du-cloitre.html mais ornée de longues franges bleues (au mur derrière un tondo comme les deux du Cloître).
Le thème ici traité reflète mon inquiétude quant à notre devenir en tant que Personne-s dans un contexte produisant rejet, exclusion...
Enfin, à côté de l'arcade donnant sur la pièce suivante, éclairée par une fenêtre en façade, un beau masque d'India Leire (après les Célestins https://brigetoun.blogspot.fr/2017/10/un-pas-dans-le-parcours-de-lart.html)
Dans l'arcade, et dans la salle, le charme coloré, et nuageux un peu, de l'oeuvre des enfants...

J'ai salué la gentille bénévole dans le hall, piapiaté un moment, et m'en suis revenue.