vendredi, avril 20, 2018

Avril

un premier charroi
un adieu aux lourds manteaux
sous un ciel tendre
trébucher en souriant
aux jeunes en chemise

et se préparer lentement aux tenues légères, mais flemme, flemme, lassitude un peu, alors y penser... organiser et en rester là... et dans la cour laisser la chaleur cajoler mon visage, et le soleil mettre du rouge sous les paupières fermées, et suivre – en léger différé – les débats à l'assemblée sur l'asile et l'immigration indument rapprochés (en accéléré sur le gros du sujet après avoir laissé droite et extrême droite se vautrer longuement dans l'ignominie sur les trois bons premiers articles concernant l'asile)

jeudi, avril 19, 2018

découvrir un atelier

Matin d'humeur inquiète, agacée, impuissante... un grand retard incompréhensible dans un transfert de fonds... qui prenait des proportions démesurées.
Comme j'avais découvert deux expositions qui ont lieu en ce moment dans Avignon, ai décidé d'émerger de l'antre dans notre jeune printemps et de me vider les idées (depuis ai eu une explication, reçu un semblant d'excuses et la promesse que le problème serait réglé, reste à savoir quand... c'est déjà un mieux, vais pouvoir faire quelques projets) 
et m'en suis allée vers le Cloître Saint Louis où se tient l'exposition de Jean-Claude Gérodez et son atelier Paroles de Feuilles... dont j'avoue je ne savais rien, et n'avais pas pris le temps de savoir quoi que ce soit http://cargocollective.com/gerodez/13459157
(pour tout arranger, suis désolée, mon appareil avait des caprices... j'espère que ce n'est que passager)
Première surprise, et agréable, je n'avais pas fait attention aux mots «et son atelier...» et dans la salle du rez-de-chaussée, ai circulé, seule, sous les yeux d'une dame charmante mais qui m'intimidait un peu, parmi les travaux, recherches et études, lréalisations et œuvres de dix-sept (ça je le découvre maintenant) élèves http://cargocollective.com/ateliersgerodez… ma foi ça donne envie de les rejoindre à l'Isle-sur-Sorgue (ateliers également à Paris, Aracachon et Dakar), juste envie passagère parce que ne serais certes pas à leur hauteur
En ai cueilli, un peu n'importe comment, trop, bien entendu, surtout de certaines et ne connais pas toujours les auteurs
Il semble que la grande toile pendue au milieu de la salle soit de Gisèle Lafuente
si je la compare – mais il y a parfois des traces d'entre-influence – avec ces oeuvres pour lesquelles j'ai photographié l'étiquette
Sur un des paravents qui permet d'exposer recto-verso des dessins et aquarelles des dessins de Mireille Tournillon (parmi mes préférées) accompagnés d'un petit texte de G. Gasiorowski
je crois que les toutes petites études exposées sur une des tables juste en face de ce paravent sont également de sa main
comme l'est ce grand nu exposé sur le mur opposé.
Au dessus de la table, ou proche, une huile sur toile sur les chemins noirs de Christine Agnese
à côté des trois poires de Jacqueline Begon
et d'une très grande huile sur toile d'Antonella Bonnefoy
Sur une autre feuille du paravent, je crois, une belle eau forte d'Edith Silve Réflexion
Parmi d'autres, sur le mur du fond, des gravures (techniques diverses) de Sylvette Gras (je crois que c'est elle qui m'a le plus intéressée)
L'ai retrouvée, avec, entre autres, sur le mur donnant sur l'extérieur du cloître, cette technique mixte (acrylique, fil et cendre) le passage
et, regroupés en plusieurs petits groupes, ses ouvrages de dame
Je ne sais de qui sont ces dessins plein de dynamisme cueillis sur une table
cueillis aussi : cette gravure sur lino de Martine Boivin
je ne sais plus très bien pourquoi, une huile histoire sans parole de Dominique Garnier
un croquis de je ne sais qui...
une délicate huile sur papier de Ludovic Bonnefoy (desservie par la photographie)
et, près de la porte, en sortant, à nouveau Edit Silve avec une huile sur toile.
Suis restée un moment, remâchant ma petite rage qui revenait, sous les arcades du cloître, puis j'ai tourné le dos aux platanes pour monter au deuxième étage à la découverte de l'oeuvre, variée, de Jean-Claude Gérodez (la mets en réserve)


mercredi, avril 18, 2018

Matériaux pour un texte éventuel

J'avais mis de côté des images pour me faciliter une tentative de réponse à la seconde proposition de Pierre Ménard pour son atelier d'écriture sur Liminaire le paysage et son cadre, fenêtres sur le monde et puis les petits soucis et occupations m'en ont détournée... le ferai sans doute mais là, ce matin, je me suis souvenue, vaguement, en sortant dans la lumière du creux de la matinée, de l'exposé du quatrième : le mouvement déambulatoire de la marche http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/le-mouvement-deambulatoire-de-la-marche, lu un peu trop rapidement hier en début d'après-midi, et au fil de mon petit circuit, ai noté dans mon esprit, m'aidant de photos prises au vol quand le pouvais, des petits détails de la vie un peu assoupie de ma ville, malheureusement je n'avais retenu, vaguement, que le début Dans le mouvement déambulatoire de la marche, décrire ce que l’on voit, ce que l’on perçoit, le flot des passants, la foule des mots courant sous le flux des images, la ville défilant sous nos yeux par à-coups, brusques déplacements en fragments décousus, dans ce décor discontinu, une suite d’émotions, d’échos fugitifs, et de corps fuyants. Et dans cette avancée, ce que l’on sait d’avance, saisis d’office, dans un même temps ce que l’on ressent, pensées et situations parallèles, ce qui me regarde en paysages simultanés. Et non la consigne qui pour la partie photographique que j'abandonne puisqu'elle prévoit que ces photos notant des détails de la marche doivent se faire en filant un personnage.
Bon suis pas sûre du tout que vais être capable de tirer quelque chose, un texte passable, de la petite animation cueillie dans mes rues, ai bricolé un regroupement, et vais tenter d'en tirer un texte que j'enverrai à Liminaire.
Et j'ajoute ici une photo recalée....

pas très bien compris ce qu'était ce couloir de toile installé par un livreur, mais la couleur est belle et franche, non ?

mardi, avril 17, 2018

J'étais en avance

sur mon chemin et le printemps était là,
le ciel bleu fouetté
la lumière joueuse
les arbres vert pré
j'allais en flânant plaisanter avec petit toubib... il semble réduire son activité forcenée, ai peu attendu, il était moins transparent, nous étions très contents l'un de l'autre

et la lumière sur mon retour mourrait avec lente splendeur.

lundi, avril 16, 2018

Le joli petit caillou du jour

matinée lavage cheveux, sols, retrouver vieux pinceaux séchés et de basse qualité, leur faire un petit bain pour tenter de retrouver leur piètre pouvoir, au moins, etc... etc... écouter bruit du monde, l'engueuler depuis la cuisine, sentir l'air attiédi et penser faudrait me lancer dans changement vestiaire, comme à une idée qui passe en volant très vite avec des ailes déplumées – exploit en soi-même que je respecte tant que ne cherche pas à intervenir –
et partir, un peu ensommeillée sans raison, mais avec petit plaisir paisiblement anticipé, faire les quelques centaines de mètres qui me séparent de l'Oratoire, en découvrant que le bleu tentait une percée
et m'installer vers le fond, regarder l'harmonie en blanc sali, gris bleu et rose violacé, prendre une leçon de calepinage avec les voutes variées, attendre puis écouter un tout jeune, tout charmant, tout bon claveciniste, Justin Taylor
dans un programme Bach (tocata en mi mineur, et la fantaisie chromatique, mer frisée sous la pluie au petit jour levant avec quelques accords pour de nouveaux friselis), Rameau (quatre airs de la suite en la mineur et les deux dernières et belles de la suite en sol mineur, la mélancolie souriante de l'Enharmonique et l'Eclatante Egyptienne), Sweelinck avec la fantaisie chromatique ou comment avec quelques notes descendantes obtenir variété solidement construite, Scarlatti et une sonate, pour finir avec le virtuossime, savant et détesté de moi fandango de Soler.
en bis, pour calmer après cet éclat Couperin, en second bis un Forqueray, puis je n'ai pas compris quoi et le plaisir était là.
Comme n'avais de ces compositeurs que l'enregistrement d'autres oeuvres que celles données, proches mais différentes, et que ne savais que choisir parmi eux, surtout les deux premiers, ah et puis Scarlatti, et puis..., pour l'entendre ici ai choisi une petite vidéo où il joue la musique d'un autre compositeur aimé Jean-Henri d'Anglebert et une sarabande grave
et puis, dans l'antre, parce qu'avant de partir, j'avais découvert sur Facebook qu'il était mort samedi, pour un adieu, écouter un peu de mon cher vieux coffret de Jean-Claude Magloire et la Grande écurie... dans Platée de Rameau, en lisant le beau les encombrants de JY chez publie.net https://www.publie.net/livre/les-encombrants-jy/
Dans ce conduit dévasté
les souvenirs retournés,
défigurés,
désoeuvrés,
ont perdu leurs reflets,
leurs traces.
Assemblés en pourparlers avec leur origine
ils cherchent la raison de leur présence.
Ils doutent des lieux de leur naissance,
de leur histoire lointaine.
Le sommeil,
lui, ne résiste plus à aucune charge nocturne
et l'équilibre est pris au piège du vertige…
et re-lire le non moins beau texte du lecteur qui ouvre le livre, où on appelle Régy, Pontalis, François Perrier et d'autres, des souvenirs de ce que peut être le théâtre, des creusements du texte
Alors de la mélancolie qui origine les encombrants, nous emprunterons à François Perrier la notion de «douloir» qui autrefois tramait douleur et le désespoir comme un deuil qui n'arriverait pas à se réaliser, à se penser, à s'accomplir... Le douloir peut se décliner en «se douloir» ; on peut donc s'en pro-nominer. S'en miner la santé par un mal inépuisable.

dimanche, avril 15, 2018

Quelques pas dans la ville et souvenir d'un jour passé

Mort le ciel neutre
noie la jeune glycine
et le tendre vert
mais leur présence connue
nous offre un peu de douceur
faire un pas à côté du monde, me répéter suis privilégiée et me navrer de ne pouvoir ou ne savoir soulager
et puis, pendant que la lumière vient et caresse provisoirement, avant la pluie de l'après-midi, le mur mitoyen, décider de poser ici les dernières images rapportées de la collection Lambert, de l'exposition, dans l'hôtel de Montfaucon, consacrée à Djamel Tatah avec en écho quelques dessins et peintures classiques et des monochromes de la Collection Lambert, passée la rotule du cabinet Berger et Berger (enfin c'est moi qui ai décidé de l'appeler la rotule) à l'aspect très franc et brutal de l'extérieur, et son escalier harmonieux.
Ainsi, dans les grandes salles claires et les couloirs qui tournent, sur deux étages, autour de la cour, où autrefois pendant le festival nous cuisions calmement en écoutant des artistes de passage et qui accueille maintenant Entrevous de Vincent Ganivet, (parpaings entrevous, cales de bois et sangles) réalisé pour les dix ans de la Collection en 2010 pour être installée alors dans la cour d'entrée, devant l'aile latérale de gauche,
se succèdent les grands panneaux monochromes sur lesquels il applique des figures humaines à taille réelle,éloquentes dans leur immobilité, les séries de petites toiles subtilement variées, quelques dessins
ponctués par le Brice Marden entré de 1973 (huile et cire teintée sur toile tendue sur châssis)
une Ariane (je crois) noire
un Corneilles de Lyon
une couverture kabyle tissée à Bounaïm, Béni Djelil, dans la wilaya de Béjaïa (d'instinct je continue à penser Bougie)
des panneaux et formes de Robert Mangold, entre autres...
et des Robert Ryman
deux dessins de Matisse répondant aux siens

et, en prime, je retrouve pendant que le ciel pleure dans la cour, le ciel bleu aux nuages joueurs qui régnait ce jour là sur le chemin du retour.