lundi, janvier 23, 2017

Un dimanche presque utile


lavage de cheveux, un peu de repassage, un peu de tri de papiers, cire énergiquement frottée sur coffre et bibliothèque pour me réchauffer et trois tentatives pour maitriser à peu près ma voix en lisant un passage de ce très court texte que j'ai tant aimé, me sentant en bonne compagnie, moi l'un des pauvres alluvions de cette marche forcée, qui coule pépèrement jusqu'au néant, moi aussi perplexe, effarée, et presque effrayée par ceux qui ont des certitudes.. 
et, un peu après midi, cheveux secs, casserole prête pour feu, m'en suis allé, dans le gris humide, vers la mairie
laquelle m'a renvoyée vers ses fesses, à la mairie annexe, pour prendre ma place dans une petite queue, frissonnant un assez bref moment avant qu'elle rentre dans les murs, ce qui nous faisait le coeur un peu moins souffreteux, pour voter en choisissant, puisque ne supporterai plus jamais l'idée du vote utile (de toute façon la situation actuelle ne permet à personne de nous vanter un vote comme utile, même faussement), pour Benoît Hamon, parce que m'y retrouve, pas vraiment pour le revenu universel dont on parle surtout - un peu pour la première tranche dudit revenu -, mais pour le reste et pour l'attention focalisée sur les invisibles, la buée des vitres, les traces de l'écureuil dans la neige... les notes perdues.. le plancton phosphorescent.. l'infini du faible, ceux qui n'aspirent pas à la croissance sans fin ni limite, aux cathédrales ou pyramides mais au partage et aux constructions de peu, juste pour résister comme les castors au flux (pour faire retour à Thomas Vinau).. 

dimanche, janvier 22, 2017

soulagement et insouciance

de fins voiles blancs
déjouant les prévisions
s'effaçaient en bleu
marcheurs engoncés
redressaient leurs épaules
libéraient leurs pas
les joues rosissaient sous la main de l'air frais, les yeux piquaient encore, mais une petite allégresse tentait des sourires
la marchande de journaux, elle, supportait avec courage sa grippe, et on espérait qu'elle ne nous l'offrait pas
me suis baladée virtuellement, et je fais appel pour paumée, une fois de plus, aux cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Insouciance
C'était en des temps où les menaces rodaient, se précisaient,
C'était en un printemps pointant avec sa verte griserie
C'était une pause insouciante, des permissions
C'était près du Cap Matifou,
devant Tamenfoust qu'on appelait Le Pérouse,
une noble coque vibrante, comme un cheval de course au paturage,
trois frères et leurs amis dans le sel et le soleil.
C'était un jour de ciel pur, de mer paisible, de petit clapot chatoyant qui faisait giter la terre.
C'était la vigilance discrète puisque très inutile de l'aîné, détenteur secret et involontaire de l'autorité du patriarche.
C'était la main sure, joyeuse, ferme, légèrement posée sur la barre du second, jouissant de la légère vibration du Bleuet.
C'était la grâce d'une sirène sage, assise sur le pont à la poupe, lovée avec la discrétion apprise et le charme apparemment inconscient de sa beauté, dans le plaisir de la lumière, de l'air salé et de leurs présences, sans que rien ne transparaisse d'une éventuelle préférence.
C'était debout, campé à côté d'elle, le jeune, le chien fou, sa coquetterie nonchalante – dans une tenue que je trouve curieusement contemporaine de notre présent – sa pipe, son éternel petit sac bleu, cherchant je ne sais quoi, sans doute ni son couteau ni sa blague à tabac, les pensionnaires habituels de cet étui, en écoutant, méditant une réponse, les plaisanteries de l'ami, le frère élu, debout, en maillot ceinturé, dans la fierté de son corps, sa force évidente, contre le foc, à la proue devant le second puits d'homme.
C'était le plaisir de la mer, de la beauté, dans lequel ils baignaient.
C'était un temps où étaient libres de leurs responsabilités futures, où la guerre n'était qu'un petit tremblement à l'horizon.

samedi, janvier 21, 2017

Verdissime

Matinée qui s'écoule en regardant le bleu à travers les vitres, en vaquant, en se persuadant que (c'est d'ailleurs vrai) le froid lâche un peu son emprise...

Ai tout de même entassé couches entre ma vieille chair et la nuit naissante, avant de faire le court trajet vers l'opéra pour écouter Patricia Ciofi et Leo Nucci dans un programme exclusivement Verdi (pas mes opéras préférés, ceux qu'on appelle souvent les petits Verdi, mais tout de même... bon j'aime Verdi)
avec en première partie l'ouverture de Nabucco, puis, dans la Traviata, le duo Madamigella Valerie, le prélude de l'acte I, un air de Germond Di provenza il mar, il suol et un air de Violetta E stano !... Ah, forze lui
et, après l'entracte, l'ouverture de Luisa Miller (jamais entendue) avant, de Rigoletto,
un air de Rigoletto Pari stamo, un duo Figlia, moi Padre... Veglia oh donna, un air de Gilda Gualtier Maldé... Caro nonne, un air de Rigoletto Cortigiani, vil razza dannata, un second duo Tutte le feste al tiempo... Si, vendetta
celui qui a été bissé, un soir de mistral à Orange
et, sourire, si cela ne suffisait pas (autorisés êtes à sauter par dessus) le même duo, par les mêmes, au Teatro Municipal de Madrid
curieusement je préfère avec mistral, mais je suppose que c'est la prise de son qui en est la cause et de toutes façons cela ne donne pas le bonheur de la salle ce soir

L'orchestre, dirigé par Luciano Acocella, les chanteurs (leurs voix, leur plaisir de chanter et leur élégance) et la salle étaient en état de grâce. J'ai entendu à l'entracte quelqu'un s'étonner de ne pas avoir vu les gens se lever, mais avec la réserve habituelle du public provençal, la salle vibrait, respirait avec eux, hors les moments d'apnée souriante, échangeait des sourires quasi extatiques..

Avec des plaisanteries, des échanges, des mercis criés, et l'humour de Patrizia Ciofi protestant pour la forme, Si vendetta a été trissé...
Puis le public, heureux, s'en est allé, et je continuais à sourire il y a quelques minutes en cherchant des vidéos parce que je pense qu'elles disent mieux que moi (mais je maintiens qu'elles abiment un tantinet la chaleur, le velours, la puissance, la profondeur des voix)


vendredi, janvier 20, 2017

Prudence ou lâcheté

transie au sortir des couettes (oui, ne sors pas de sous Une couette, ne saurais m'en contenter, il m'en faut deux dont une pliée pour être partiellement en double), méditation du petit matin obscur, se fortifier dans l'idée de marcher dans la nuit jusqu'au théâtre du Chêne noir pour un spectacle attendu avec curiosité...
se dire un peu plus tard, debout devant radiateur qui s'éveille, qu'il fait un peu moins froid, c'est sûr, un peu moins...

faire quelques pas dehors jusqu'aux remparts, saisie par la froidure qui creuse autour des globes de mes yeux, pénètre en moi, descend troubler mes jambes, monte troubler mon cerveau….
rentrer, plaisir de voir que le facteur m'a amené un paquet attendu de Le Réalgar http://lerealgar-editions.fr - goûter l'élégance de ces petits livres, lire les premières phrases
de Jacques Josse – Chapelle ardente
Peu avant dix heures, les habitués du bar La Iza s'écartent pour improviser une sorte de haie d'honneur. Ils sont une petite soixantaine, réunis sous des parapluies...
Thomas Vinau – lettre ouverte au cours naturel des choses
Cher cours naturel des choses, puisque dit-on les petits ruisseaux font de grandes rivières, je te remercie de me laisser aujourd'hui ajouter la goutte d'encre à l'eau qui déborde du vase…
et Pierre Bergounioux – En route
Il y avait des précédents mais qui étaient restés sans conséquence apparente, deux grands oncles et une grande-tante, d'abord, puis mon père qui, à dix-sept ans, était parti pour Limoges se former au métier de préparateur en pharmacie qu'il exercerait ensuite dans une officine de la rue de Vanves, à Paris....
Mais, dans la presque tiédeur de l'antre, l'appréhension à l'idée de cheminer dans les -1 ou -2° (sans tenir compte du reste de vent) a sapé peu à peu l'envie de découverte, l'évocation de souvenirs et la honte de reculer devant un froid si modéré... suis venue au bout d'un petit tas de repassage, ai pris un thé bien chaud, ai décidé de ne pas bouger (sauf pour battre ma coulpe)

jeudi, janvier 19, 2017

mercredi, janvier 18, 2017

un jour sans

un blocage, une déroute de l'ordinateur
une panique
une restauration très chère et longue
la danse des nerfs en pelotes, les tempes qui veulent rentrer dans le crâne
et puis
le plaisir de retrouver ces images et le reste
mais l'esprit vide... et envie de bouder ma machine,
juste un peu 

mardi, janvier 17, 2017

soulever

froid sans violence
mais le camion s'isole
du macadam froid
lever la tête
décrisper les épaules
partir à grands pas
les yeux attirés
par la colonne blanche
vers le bleu ardent
l'élan dans le beau
hisse les pas les deux sacs
chemin du retour

de quoi soutenir le siège que devrait me faire l'hiver