dimanche, décembre 17, 2017

Ciel clair et pastorale

matin en réveil tardif et un rien difficultueux.. ai changé mes projets, les limitant aux courses strictement utiles, et comme l'âge s'est manifesté en effaçant de ma mémoire, totalement, le code de ma carte, cela tombait bien parce que mes ressources liquides très raisonnable en sont sorties fortement diminués (serai obligé d'être sage)
sur mon trajet, la place de l'horloge où la patinoire qui a remplacé les chalets attendait son inauguration, dans l'après-midi je crois, le ciel était bleu tendre avec quelques houppettes blanches, avant l'éblouissement froid de l'après-midi.
Et suis repartie, carcasse en voix d'amélioration, contre un petit vent glacial, portée par une attente joyeuse qui refoulait à nouveau ma rumination sur la dépendance que je sens venir, vers Saint Symphorien, l'église des Carmes,
- rencontrant sur la place une petite fête avec orchestre et tables de victuailles, admirant le courage et la résistance des groupes et furieuse de la sottise des gens qui entrant dans l'église, où le son ne parvenait pas, s'offusquaient de cette proximité avec la «grande» musique religieuse qu'ils allaient entendre (me suis permis deux ou trois réponses ironiques) -
pour ma participation à l'esprit de Noël, avec l'ensemble vocal Arcanes http://www.arcanes-belfort.fr et l'orchestre Scherzi Musicali http://www.scherzimusicali.be/welcome.php?lang=fr qui interprétaient
la Pastorale sur la Nativité H.483 de Marc-Antoine Charpentier, contemporaine des grands opéras de la fin du XVIIème siècle, ébauche d'une forme unissant la musique au récit, mêlant l'influence italienne, la déclamation française et les airs de Noël, une pastorale pleine de fraîcheur, de ferveur, parfois de puissance, découpée en scènes, tragiques du début, enchantement avec l'arrivée de l'ange, airs de danse chaconne ou passacaille etc... avec une tentative de mise en scène que l'on ne voyait guère après le troisième rang et qui, se voulant pour cette raison allusive, était d'une gaucherie assez charmante, mais dans une fort bonne interprétation musicale,
même si elle n'avait pas le raffinement de celle des Arts Florissants et de William Christie
(pour en avoir une idée, l'ouverture et la scène 1
suivi, en plus flamboyant, du très beau Gloria de Vivaldi.
Saluts en musique dont ne voyais pas grand chose...
un petit détour pour voir entre barreaux et têtes ma première crèche de l'année (je crois que je vais aller voir la grand crèche de Carbonel aux Célestins, en me gardant de m'attarder devant le stand d'Isoline Fontanille dont les dernières créations, des petits groupes, sont vraiment très très chers, assez pour que ce soit avec honte que je céderais à la tentation (et puis pas trop les moyens)

et un retour dans la ville qui se calfeutrait et s'endormait.

samedi, décembre 16, 2017

rien, donc souffle

ciel qui s'est décidé au bleu dur, froid un peu plus fort qu'hier mais bien moins que demain, mais carcasse en grève
avais fait des projets, les ai remisé sans grande peine, n'en méritaient pas, ai vaqué correctement sans plus mais suffisamment, ai lu avec plaisir ou intérêt, ai écouté et pour nourrir paumée reprends le second des trois derniers billets, qui me font grimacer un chouya, envoyés aux Cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com
vie qui souffle
dans ma rue on attendait un cortège, je ne savais quel, marathon, parade médiévale, manifestation rieuse et mécontente, je ne savais, mon esprit s'en moquait
dans ma vie l'avenir était imprécis, comme un visage dans un miroir trop ancien et taché, et incertain comme un maquis où je devais glisser mon esprit, mais il s'en moquait
d'ailleurs la rue, les barrières, mon esprit, tout avait été balayé par la vigueur du vent en sa maturité
en restait une arrière garde de belle vigueur contre laquelle m'étais risquée, souffle coupé par le souffle de l'air qui profitait de mon bec ouvert à la recherche de force pour me pénétrer, me secouer, refouler l'air dans mes poumons
secouée j'étais, comme les arbres, mais pleine de la vie de ce souffle, joues roses et yeux humides
et lorsqu'il m'a laissée, un peu pantelante mais bien éveillée, au détour d'une rue, m'en restait petite allégresse et ce mot souffle à caresser...
à presque chantonner, jusqu'au prochain carrefour me replaçant dans le flux du vent,
souffle d'un soir d'été sur un pré en pente, souffle de mots murmurés près d'une épaule, souffle retenu dans une contemplation émerveillée, souffle sur une page pour chasser le sable que la brise, ou l'ébrouement d'un chien, y a déposé, souffle chargé de bière sur ma nuque qui me faisait détester très provisoirement ce très ancien premier amour, souffle qui propulse des phrases sonnantes entre les pierres, et le souffle si ténu qu'imperceptible de ce bébé... inquiète je remuais doucement le petit bijou qui lui servait de poing pour que la tête se tourne doucement avec un soupir délicat comme une chute de pétale, me rassurant.

vendredi, décembre 15, 2017

des lumières et Daeninckx

En début de soirée m'en suis allée, de lumières en presque lumière,
vers le Chêne noir
pour un «cabaret littéraire» avec Didier Daeninckx animé par Gérard Audax
En attendant de voir comment le public se distribuait autour des tables, en attendant qu'il se fasse servir (liquide et pour certains solide), en attendant mon café et de choisir ma table me suis, avec ma retenue actuelle, et parce que j'en avais entendu parler ou lu un passage ces jours-ci, offert son petit livre sur Saint-Alban (parce que Saint Alban, aussi) Bonnafé, Eluard et Denise Glaser, Caché dans la maison des fous.
Comme bel hors-d'oeuvre il y a eu la lecture par Aurélie Audax, à laquelle je venais d'acheter mon petit souvenir, d'une nouvelle inédite, commençant par le souvenir des camps pour les roms pendant la guerre (mais jusqu'en 1946) et de l'oncle du narrateur, un peu fou, ou plus étrange et audacieux, jouant avec obstination jusqu'à gagner une très grosse somme à je ne sais plus quel jeu de grattage et l'investissant dans un geste superbe : un 31 décembre des remorques entrant dans Paris, se répartissant, et à minuit l'ouverture des portes desdites remorques d'où sortent de milliers de poules et poulets pendant que l'oncle avec un porte-voix crie aux passants et fêtards «voilà on vous les rends toutes les poules volées».. enfin c'est beaucoup mieux que ça bien entendu.
Et puis pendant plus de deux heures écouter Daenickx, relancé, interrogé par Gérard Audax... et juste quelques mots qui ne peuvent rendre tout ce qu'il a évoqué, avec humour, colère sourde et souvenir des luttes, des admirations et compagnonnages, le premier livre, Charonne et Papon, la Corvée de bois, toute cette époque que les plus jeunes ne peuvent connaître, que j'ai vécue, en marge (j'étais en chemin, tout près, en émancipation - amour intact - de ma famille et mon milieu), que j'ai côtoyé de plus ou moins loin ou que j'aurais aimé connaître, les ouvriers du livre, la banlieue nord, la famille paternelle proche de l'anarchie de banlieue et la famille maternelle communiste, les rencontres, le Masque après la mort de Pigasse, la Série noir et ses fondateurs, Détective dans les années 30, Pasqua, Prague, les chars, et le trou dans lequel se sont senti tomber des militants, Manoukian, l'écriture avec au détour d'une phrase sur la position de l'écrivain, vu de l'enfer si me souviens bien, François Bon, la littérature jeunesse et sa mue, Manchette, Steinbeck, Dos Passos et Echenoz, les dirigeants communistes en banlieue et leur double langage en 1981, la Nouvelle Calédonie et les cases-bibliothèques, tant et tant d'autres choses... un livre prévu pour l'année prochaine réunissant en mille pages des nouvelles déjà publiées, alliant récit policier et histoire, dans l'ordre chronologique des faits, dressant ainsi une histoire de France depuis les années 1890.
Et puis après la lecture d'une autre nouvelle par la jeune femme, en clôture, un échange entre les deux hommes, à partir justement de Caché dans la maison des fous, et l'histoire de Saint Alban, avec une allusion à l'actuel retour en arrière, là j'ai aimé, reconnu, découvert mais rien noté... et puis ma pagailleuse évocation est bien assez longue.
Je me suis extirpé deux ou trois phrases pour le remercier, au passage, d'avoir réveillé ces années anciennes (60-70 et puis la suite), le public s'est fait servir de nouveau, des groupes se sont formés, discutant, ai fait – première fois que ça m'arrive – dédicacer mon livre (son écriture est plus belle que mes gribouillis bien cachés sur les dernières pages – en marge de «du même auteur» - d'où j'ai essayé de tirer ce qui précède, sauf que ne pouvais me relire) ai échangé quelques mots avec un groupe de fumeurs

et puis m'en suis revenue bien sagement.

jeudi, décembre 14, 2017

Dans le flux des jours

Froidure en bleu
juste pour marquer le flux
éternel des jours
mais à vrai dire du blanc flottait dans ce bleu,
et si le froid reprenait force, si l'engourdissement souriant me guettait, cette froidure était relative, et artificielle sera la patinoire en cours d'installation sur la place de l'horloge en place des anciens chalets (inauguration samedi)

en fait ceci tient un peu du conte puisqu'en début d'après midi les faibles voiles du matin se sont réunis et qu'un peu de pluie nous est venue, mais n'importe, j'ai décidé, depuis l'antre, de ne pas le savoir.

mercredi, décembre 13, 2017

todo liste matinale

une paupière humide se soulève pour regarder la ville
une nacre baille sur un désir de bleu
une grande affiche placardée sous nos yeux pour nous donner benoîtement une consigne déguisée en suggestion : croire au bonheur
la moiteur de l'aisselle tendre dévoilée par un bras levé pour un accueil

en hommage à Christine Jeanney et Marie-Christine Grimard

mardi, décembre 12, 2017

Temps humide et âmes claires

Matin dans nos rues, eau en suspens ou crachin, brusques rafales mais en force modérée, et un peu après dix heures peu de passants,
rue Folco de Baroncelli et rue Joseph Vernet n'y avait qu'un pigeon et moi, ou le faste créé avec choses modestes pour éclairer les yeux

et dans les rues mouillées et neutres, sans effervescence ni éclat, cette merveille que m'était mon soudain sourire intérieur, et l'attente joyeuse et tranquille d'une dizaine de classes de touts petits, anoraks, peaux et gants de toutes couleurs, trottinant, main dans la main, déterminés et gracieux, vers un des endroits à eux dédiés en ces jours, qui me faisaient chantonner sans bruit «les niots d'Avignon sont bien mignons, les niots d'Avignon sont…"

lundi, décembre 11, 2017

dimanche

juste un jour vide
où se calfeutrer en paix
laissant le monde
un peu plus tôt dans l'année que frère Villon en 1456
sur le Noël, morte saison
lorsque les loups vivent du vent
et qu'on se tient en sa maison
pour le frimas près du tison

texte corrigé après vérification, ma mémoire modifiant ainsi ces vers qui me sont un mantra : … morte saison, que les loups se nourrissent du vent, et qu'on se tient...