mardi, mai 23, 2017

plaisir du rien

une touche rose
comme un salut du matin,
avant ciel gris bleu,
douce lumière morne,
vaquer et vivre tout doux

et quand le bleu s'est frayé chemin, juste avant de sombrer, il était trop tard et d'ailleurs n'avais envie que de me maintenir dans cet à côté du monde

lundi, mai 22, 2017

Musique troisième jour, fin de la saison baroque

ciel bleu dur et plantes se balançant ce matin, des martinets traversent et retraversent mon coin de ciel (trop rapides pour moi, là c'est entre deux fusées, mais ils ont été là je vous assure)
une longue pause mi-méditative vers midi pendant que des bruits de fête sans violence me parvenaient depuis le fleuve (c'était la fête des mille pagaies)
et un ciel légèrement voilé quand suis partie un peu avant cinq heures vers l'Oratoire, à côté, pour un concert donné par Raquel Andueza, soprano, accompagnée par Jesus Fernandez Baena au théorbe.
Un petit quart d'heure d'attente, meublé comme pouvais, et puis arrivée de la dame en robe longue princesse de velours noir au plastron pailleté discrètement et aux friselis d'un chaud blond vénitien... à la voix souple et alerte capable d'être presque plate, énonciatrice, ou de roucouler, de se matifier, de fuser en clarté, de s'attendrir ou s'encolérer, de se lancer dans des vocalises volubiles mais assez rarement les airs ne le demandaient pas, et de laisser une note mourir interminablement, tendrement.
Le programme d'Amore e tormenti qu'ils donnent ordinairement avait été chamboulé pour donner plus de place à Monteverdi, six fois, avec deux jolis airs anonymes Bella Mia et viver en questo stato, deux airs pour théorbe seul de Johannes K. Kapsberger et une berceuse Figlio dormi (de quoi enlever au fils toute envie de dormir, trop désireux d'écouter.. retrouvant le programme initial avec le véhément Son ruinato, appassionato de Benedetto Ferrari, et pour clore, le dernier, le plus célèbre sans doute des airs de Monteverdi Si dolce e il tormento
le temps que je me lève, fasse un pas de côté, trouve mon appareil, et tente, seule et intimidée, de capter le salut, ils s'étaient échappés...
revenus pour nous donner un bis, de leur Espagne, un air courroucé d'après un texte de Quevedo, beau cadeau final

J'ai joué la sécurité... le résultat n'est guère mieux, un peu tout de même...

dimanche, mai 21, 2017

musique, jour deux

Matin, la cour roucoulait, un grand bruit d'envol quand me suis approchée du seuil, mais le groupe m'avait laissé un témoin.
Corvées dans l'antre, été presque installé dans la penderie et les tiroirs...
Avignon vivait tranquillement quand suis sortie dans l'après-midi, le soleil ne baignant plus le coin de cour où je lisais le début de Blockhaus de Michèle Dujardin https://www.amazon.fr/dp/1544948913/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1495294258&sr=8-1&keywords=mich%C3%A8le+dujardin, le fermant sur Il ne pleuvait plus. Une autre lumière, froide, haute, incisive, étirait la ville vers le ciel, lui rendait ses angles, ses contours exacts et ses dimensions réelles, lui ôtait ce déguisement de ville miniature dont la pluie l'avait affublée, en gommant les immeubles, en abaissant le ciel à porté de main.
Etais partie acheter des médicaments et suis revenue de ma ville qui avait gardé, sous son ciel profondément bleue, sa taille médiocre.. ou mesurée, avec les médicaments, des bonbons au miel et une robe candide...
Vaqué un peu, regardé dans le vague et puis ai troqué tennis pour des sandales, pantalon rouge pour une jupe tube bleu foncée et m'en suis allée vers l'opéra et un concert de musique de chambre en grande partie chamboulé depuis le moment à l'automne où j'avais acheté mon billet (mais peut-être pas plus mal),
avec Renaud Capuçon mais, contrairement à ce qui était prévu à l'origine, Guillaume Bellom (jeune, 26 ans, et talentueux pianiste http://www.guillaumebellom.com/)
ce qui a entraîné une modification du programme,
lequel comporte toujours, les pièces romantiques de Dvorak (une vidéo d'une interprétation par Renaud Capuçon et
Khatia Buniatishvili, la pianiste qui était prévue comme sa partenaire à l'origine
mais, en remplacement de la sonate n°3 en ut mineur de Grieg (que ne connais pas... ai tendance à croire que cette musique me correspond peu... mais que j'aurais été intéressée de découvrir) la sonate n°7 en ut mineur de Beethoven, ce qui finalement me séduit plus, ai grand goût pour les sonates de Beethoven et j'aime tout spécialement l'allegro con brio qui ouvre celle-ci
avant de revenir au programme d'origine avec la sonate en la majeur de Franck :
une interprétation Capuçon/Buniatishvili
de belles interprétations et une grande élégance
et comme j'ai aimé le jeu de Guillaume Bellom dans la sonate de Franck où la part du piano est importante, j'écoute là en rentrant sur YouTube son interprétation dr l'allegretto de la sonate pour piano n°6 de Schubert et de Pagodes de Debussy...

samedi, mai 20, 2017

juste musique

dans l'antre ce matin, ai pensé brièvement à l'ouverture de l'exposition des sculpteurs africains de la Collection Blachère, au palais des papes et au petit palais
dans l'antre ce matin, ai pensé qu'il y aurait foule
d'ailleurs dans l'antre ce matin je n'étais pas bien en moi
ai pensé plus tard, lundi peut-être ou mardi, dans un creux
d'ailleurs je me demandais surtout quel était le nouveau cancer, ou les nouveaux pourquoi pas, sûrement, que j'étais en train de déclarer, presque surement de la gorge, mais pas obligatoirement, la gorge pouvait être un effet secondaire
bon ce matin dans l'antre je délirais, avec une outrance ironique, qui ne l'était peut-être pas tant
et puis la cour brillait, alors dans l'après-midi ai pris le Kindle pour lire, après avoir vraiment beaucoup aimé, en leurs différences, les deux premières parties, Equation Euro le troisième et dernier texte, le plus directement politique et le plus récent, entrant dans Equation footbal de Joachim Séné publié par les Editions D-Fiction http://www.editions-d-fiction.com/equations-football/, ai enregistré la fin d'Equation Mondial parce que c'était le passage le plus facilement sécable, pour http://brigetoun.wordpress.com... et puis j'ai continué, quand les dernières traces de lumière ont abandonné la cour, avec le dernier numéro de Manière de voir consacré à l'Angleterre et au Brexit...
Juste ce qu'il fallait pour être de nouveau fermement et allègrement prête (il est urgent que je commence à m'améliorer en prévision de juillet) pour partir vers l'opéra et le dernier concert symphonique de la saison.
Avec, en première partie, en création, un Ave Maria d'une certaine Sir Alice, dont je l'avoue je ne connaissais pas l'existence, comme ne savais rien d'elle, j'avais lu ce que je trouvais https://fr.wikipedia.org/wiki/Sir_Alice , j'avais choisi parmi les vidéos une des plus récentes, et écouté
et j'ai attendu de découvrir...
Dans le programme elle raconte Le 20 juin 2010, vers 8h30, j'ai été témoin du vol d'un coeur sacré de la cathédrale de Chartres. Il a été décroché d'une stalle pour m'être offert... et que trouvant dans le coeur un billet d'une femme s'adressant à la Vierge elle s'était senti coupable, l'avait mis dans une boite et s'était efforcé de l'oublier. Que plusieurs années plus tard, alors qu'elle était enceinte, dans une église italienne, elle est restée en arrêt devant une vierge, pas spécialement belle ni ancienne, mais que, touchée, elle a décidé d'écrire un Ave Maria et de rendre le coeur à la cathédrale. Histoire qu'elle nous a raconté simplement et joliment avant l'exécution, par l'orchestre et une mezzo (voix extraordinaire, qui sent les antiques musiques de notre Méditerranée, plutôt contralto d'ailleurs que mezzo, mais capable de monter très haut dans des moments lumineux, capable aussi de murmurer jusqu'à se noyer presque dans les cuivres, donnant l'impression de les soutenir, de devenir presque inaudible) Ani Sargsyan, mince jusqu'à la maigreur et comme brûlée, assistée ponctuellement par une soprano à la jolie voix fruitée et ronde, Jennifer Michel.
Et ce fut une très bonne surprise, parce qu'alors que je redoutais un peu une musique gentiment correcte, ou du néo-classique dépoussiéré, c'était quelque chose que je ne saurais décrire, mais plutôt fort, complexe et que j'ai sincèrement beaucoup aimé.
Et puis, après l'entracte, l'oeuvre phare du concert, celle que la plupart, moi aussi d'ailleurs, venaient entendre, le Requiem de Mozart, avec le choeur au grand complet (58 je les ai comptés), un soprano, de nouveau Jennifer Michel, une bonne mezzo plus classique Sarah Laulan, un bon ténor (ce que je dis rarement...) Olivier Dumait et une basse Renaud Delaigue.

Et ma foi, le choeur, l'orchestre, le chef et le public étaient très heureux.

vendredi, mai 19, 2017

Halles, antre et récompense


le ciel s'est peuplé
lentes dérives blanches
l'air n'est plus que doux
m'en aller presqu'à grands pas
pour lourde et belle charge
un peu de repassage, un peu de soleil quand baignait le mur, un peu de lecture, un peu de ménage
et départ à une heure qui n'est plus nocturne, pour assister, à neuf heures, au Chêne noir,  au premier (et sans doute au seul pour moi) des spectacles des nuits flamencas, notre petit festival, spectacle d'Andrès Marin, ab libitum reprise d'un acien spectacle qu'il n'avait donné qu'une fois en France, avec le cantor Jose Valencia et Savador Gutierrez à la guitare.
Le programme dit qu'il a collaboré avec Bartabas et Kader Attou et qu'il développe un style extrêmement personnel et une esthétique d’une absolue contemporanéité, tout en puisant dans les racines authentiques du flamenco. Sa danse est considérée comme l’une des plus novatrices du flamenco. et ajoute Il y a du mystique chez ce perfectionniste, une exigence parfois effrayante mais ce solitaire est aussi un danseur solaire et profond. Révolté et puriste, intraitable sur la tradition et toujours prêt à la faire voler en éclats, Marín est d’abord orfèvre du compás, capable d’enchaîner tout l’éventail du répertoire avant de défricher encore et encore des terres inconnues.
En fait c'est très beau... ne ressemble à aucun des spectacles de flamenco que j'avais vu... Une danse qui souvent n'est pas, corps immobile, ou une danse des mains, et puis de brusques départs, souvent arrêtés en tension, une détente pendant que la guitare joue une musique très personnelle, faite de dissonances, de silences, retrouve un souvenir de musique flamenco, et puis des crépitements de pieds, un départ, un suspens, le chant et un retour à une danse plus traditionnelle, sans l'être totalement, tout en étant très flamenca. Et le côté un peu étrange de cette tête qui pourrait être celle d'un notable troisième République si ce n'était l'éclair bleu sur les cheveux gominés, surplombant le buste puissant et sans graisse moulé de noir comme les jambes nerveuses perchées sur de hautes talonnettes,
Un moment où, avec un chapeau de papier, un masque neutre et donc triste et un foulard rouge il danse lentement, sans plus aucune référence au flamenco, et m'évoque un Arlequin sombre avant, tee-shirt tiré sur les épaules pour les dénuder, le chapeau quitté, c'est l'idée d'une fille désolée... et la poésie qui pourrait être fausse, fade, est là, sans être revendiquée.
Le cantor marchant en lançant sa voix et j'ai cru reconnaître du Lorca et puis chanteur et danseur face à face se défiant, sur l'appui de quelques fusées de voix dans la salle, tension, mots rares et signes de croix avant de se lancer, la danse défiant, menaçant le chanteur qui le nargue..
etc... et la fin, dans le noir, marche sur place épuisée, sur une cantate enregistrée avec une langue de lumière détaillant le mur du fond, restes de la chapelle d'origine qui est ordinairement masqué... juste les dernières minutes un peu trop Castellucci, appuyées, avec effet de voile et orgue.
Certains allaient au Girasol pour un Tablao avec des artistes se produisant dans d'autres spectacles... moi j'ai rangé la grand-mère.
Pour vous le présenter une courte vidéo d'il y a trois ans, qui donne une très très faible idée de ce que j'ai vu



jeudi, mai 18, 2017

Un éléphant et ses compagnons dans notre printemps estival

en quelques images et quelques mots
le ciel bleu profond,
pierres et sol, tout ce vert
qui s'y invite...
ai cheminé dans l'air chaud
dans cette annonce d'été
en chemin ai rendu visite, brièvement, à l'éléphant - n'en avons qu'un, ici... l'était couché, comme en prière, lui ai assuré que le gardions pour un temps limité -
sous la garde d'une tête aux pensées légères et d'un antique monstre pour l'ancrer dans notre terre,
entouré par sa cour de guerrier, hommes solennels et, en retrait, femmes dignes et jeunes filles,
sous le regard des masques funéraires qui semblent de comédie ou de tragédie ...
Ai cueilli en partant un peu de grâce simple et pensive pour m'accompagner.

(l'éléphant d'Andriès Botha au Musé lapidaire http://www.musee-lapidaire.org/ )