dimanche, septembre 22, 2013

Samedi - ça a été


Ça a été, après minuit, pour inaugurer la nuit, le jour de samedi, le plaisir de l'élégante édition par la revue des ressources http://www.larevuedesressources.org/-sur-err-editions-de-la-revue-des-ressources,141-.html de cabane d'hiver la version définitive du journal de Fred Griot pendant son séjour d'un mois dans une yourte des Causses, plaisir renouvelé après l'avoir suivi sur son blog http://www.fgriot.net/notes/dotclear/index.php?
Le départ de Paris vers les Causses les buis, les grandes collines bombées, les grandes herbes, dolines, avens, les colonnes de roches ruineuses comme des chapelles romanes de cailloux secs, les pierres claires concassées des sentes, les pins sous la neige, les hommes... une terre pour laquelle je pourrais lutter.
Le plaisir d'être là, le projet
vivre un mois là
se concentrer sur écrire, méditer, marcher, sur vivre
sortir les manuscrits, que j'ai imprimé avant mon départ
et puis ce qui sera, puisque les manuscrits seront relus, lentement, mais qu'il s'avérera que la yourte n'est pas l'endroit où les reprendre, continuer
écrire ce qui se passe
écouter
et c'est le journal, la beauté rude du paysage, le travail pour rendre la yourte habitable, l'acclimatation au froid et à la solitude, le plaisir, une écriture simple et précise, la méditation qui se mêle au détail de l'aménagement, du bois coupé, des rencontres, l'ennui qui vient, qui est accepté, le doute passager sur l'intérêt de ce journal, sur sa réception (une mauvaise réaction semble-t-il, puisque le journal était mis en ligne), et cette constatation, de cette vie on ne peut que dire c'est, et c'est suffisant
Je ne sais pas comment je verrai cette période, ce qu'il en restera plus tard, avec ce que le souvenir travaille, remodèle des faits, dans le présent, c'est une succession de petits moments rudes et de grandes gaietés, toutes simples, depuis quelques jours, ce sont même les bons moments qui dominent, par une joie.
rien de neutre en tout cas, sauf ce calme de fond, lui il est là, il n'est pas bavard, il n'est ni bon ni mauvais, liseré d'un peu d'humour, il est et pas grand chose d'autre à en dire.
Ça a été Brigetoun, dans le calme de la nuit, lisant, retrouvant le parfum de ce goût qu'elle avait, mêlé de résignation - qu'elle devrait peut-être regagner, même si les échanges qui l'occupent maintenant sur internet sont une bénédiction - pour sa solitude qui, pour être dans une grande ville, promenée à travers les rencontres de travail, était réelle, la solitude surtout qu'elle avait envisagée pour sa retraite (pas aussi radicale que les Causses, n'en suis pas physiquement capable, mais une petite maison dans un hameau limousin ou similaire). Ça a été, illusoire sans doute, une impression de communion, en mineur, humble (moi qui ne sais dire ainsi, penser aussi peut-être, et n'ai d'autre oeuvre à accomplir que moi)

Ça a été me souvenir au réveil que l'avis de virement était arrivé dans l'après-midi de vendredi, que j'étais presque riche, se souvenir qu'il fallait laisser intacts les 2/3, mais partir dans la rue, vers la braderie (prix encore costauds, mais tellement moins...) en désir de chandails, de laine.
Ça a été être protégée en partie par le ridicule d'une robe soldée à 880 euros devant la première et très chère boutique, et pour les chandails (très très nettement plus abordables) par les tailles disponibles. 

Ça a été promener ce désir de lainage dans un Avignon béat dans la tiédeur du ciel.

Ça a été passer un moment dans le hall de l'hôtel de ville pour voir, admirer, capter (votre imagination est la bienvenue) les photos d'Histoires collectives 
Pendant 3 années une vingtaine adolescents (entre 13 et 15 ans) se sont initiés à la prise de vue, sous le regard aiguisé de Thomas Bohl, photographe et sous le couvert des animateurs et animatrices de l’Espace Social et Culturel de la Croix des Oiseaux, de l’Espace Pluriel de La Rocade et de La Maison pour Tous Champfleury.

Et puis suis redescendue vers l'antre,

ai sorti des trois sacs les trois chandails récoltés, et, pour me donner bonne conscience, ai rempli une grande housse et un bac avec les robes et les tee-shirts et chemisiers les plus légers... nourriture, dormir, lecture économie ou politique, et certitude que ne saurais que mettre sur Paumée (ben si, va comme je te pousse, et donc trop, et n'importe quoi, ou presque, mais si).

11 commentaires:

Pierre R Chantelois a dit…

Préparer l'hiver avec Griot tout en savourant la beauté du jour humide d'Avignon. Voyage dans les contrastes des saisons. ;-)

brigitte celerier a dit…

l'humidité était un peu (pas mal en fait) dans le livre pas du tout sur la ville

Dominique Hasselmann a dit…

"désirs de chandails" (peut-être chantés par la lecture convoquée)...

arlettart a dit…

Etonnantes et Belles photographies
Mais tu oublies la chaleur revenue douce comme les aquarelles de Marie Laurencin que chantait le poète dans son Eté Indien

Nicole Peter a dit…

"D'autre œuvre à accomplir que moi.." Une œuvre dans laquelle nous nous retrouvons tous en vous lisant chaque jour.

jeandler a dit…

Rêver d'une nuit sous la yourte en plein Causse par une nuit de pleine lune. Craquent les chardons secs dans le soir...

Chri a dit…

Dans le même esprit que le livre de Fred Griot, , je me souviens avoir beaucoup aimé la trilogie de Nicole Lombard Etrangers sur l'Aubrac, Les Affrontailles et Le cheval au bord du lac aux éditions du bon Albert...

brigitte celerier a dit…

merci à vous tous - après une courte lucidité vers sept heures ai sombré profond profond dans sommeil - tente d'en sortir - me demande si ça en vaut la peine

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Il fait beau !

:DDDD !

Gérard Méry a dit…

Sur la sixième photo, la gamine écrit "mercredi" sur ton APN, j'aime ce cliché insolite.

Gerard a dit…

Samedi çà a été l'automne ?