mardi, juin 13, 2017

Quelques photos sans charme pour une minuscule victoire

s'aider d'une petite appréhension pour se détourner de la défaite prévisible, admettre la logique consistant, sous prétexte de dégagisme (cet horrible mot né ces jours-ci) à plébisciter des inconnus n'ayant d'autre titre que leur très éventuelle distance de la politique et du pouvoir, n'ayant d'autre programme que d'accepter, sans discussion ni formation au débat, les projets de loi d'un homme qui est en partie acteur des politiques rejetées, et qui se situe dans leur approfondissement, et à ne laisser de chances qu'aux responsables les plus emblématiques de l'ancienne équipe...
s'aider, donc, de la petite crainte des 37° prévus pour l'après-midi alors que devais, pour livrer mes oreilles à un ORL partir aux alentours de quatorze heures en suivant, hors des remparts, l'avenue Eisenhower qui s'avance juste à l'aplomb du soleil... se dire que finalement il ne fait pas si chaud, et être cueillie en sortant de l'antre par la brûlure des rayons sur les bras, à travers la robe etc...
Profiter de chaque petite ombre permise par la courbe de la rue Joseph Vernet, faire une petite pause délicieuse sous les platanes en croisant le boulevard Raspail
et puis, en me pulvérisant de l'eau sur le crâne en feu, repérer un autobus en partance et contrairement aux bonnes résolutions y monter lâchement
pour me faire déposer, finalement pas si loin des remparts, à quelques pas du but...
profiter d'un petit patio pour tuer les minutes d'avance en commençant à penser à l'atelier d'été de François Bon, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4420 (passez donc lire les belles premières contributions), noter trois mini-portraits comme début de réponse... gagner le cabinet, sourire à un adorable petit maghrébin et à sa très jolie mère, jouer un peu, laisser le toubib agir,
et hésiter un moment en sortant, puis décider, d'autant que cette part de l'avenue comporte un terre plein central planté de platanes de rentrer à pieds
penser atelier, imaginer personnages, profiter de la moindre source d'ombre, même si elle n'est pas vraiment gage de fraîcheur
découvrir qu'en un peu plus d'une heure les ombres ont presque envahi la rue Joseph Vernet, faire les derniers mètres sous le jet du brumisateur, frissonner de plaisir en entrant dans l'antre, se mettre à transpirer, une douche, un mini sieston, une forme de presque jeune fille... ouvrir un fichier pour dix personnages et puis en rester là et se passionner pour Gênes sur google maps avec l'idée que serai plus ou moins, avec quelques précautions et quelques renoncements, à la hauteur de juillet.

Passionnant n'est-il pas ?   

15 commentaires:

Caroline Gérard a dit…

oui, passionnant (Sans ironie)

brigitte celerier a dit…

merci... quand à la conclusion, grâce à la fantaisie ironique de carcasse : j'éternue avec constance ce matin

jeandler a dit…

Temps chauds pour prendre l'air du temps. Le thermomètre en berne. Prendre un thermos rafraîchissant pour toute sortie.

brigitte celerier a dit…

je ne bois jamais glacé (mal) et suis bien assez chargée comme ça (sourire)

Arlette A a dit…

L'humour sauve de tant de situations ..ton courage partagé me réconforte

brigitte celerier a dit…

très relatif le courage !

Claudine a dit…

vous suivre sous le soleil-marteau est agréable quand la température est redevenue supportable par ici (22°) #oups #jesors

Godart a dit…

Votre appréciation sur les événements politiques est si juste, si bien résumée, si lucide. Et pour reprendre l'en-tête du blog de Zoé Lucider citant René Char: " la lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil ".

brigitte celerier a dit…

simplement évidente non ? le curieux est que ce ne soit pas évident pour la majorité des électeurs (sourire)

Godart a dit…

Forcément évident, comme aurait dit Marguerite Duras.

brigitte celerier a dit…

sourire (la copie souvent avec cette formule)

époké a dit…

Dégagisme quel terrible mot vous avez raison!

brigitte celerier a dit…

laid, violent et stupide

Claudine a dit…

et pourtant partout plein de gens vont être poussés brutalement vers la sortie, nous l'avons vécu il y a 4 ans avec l'arrivée de notre jeune premier ministre

brigitte celerier a dit…

déjà fait avec brio... (la démocratie est belle chose, mais parfois assez incohérente)
voulais m'abstenir, vais découper un beau bulletin blanc, m'appliquer)